Du 20 au 22 novembre 2020 s’est tenue la 3ème édition du festival Bibliotopia organisée par la Fondation Jan Michalski. Au vu des conditions sanitaires actuelles, les organisateurs ont opté pour une édition virtuelle, qui a consisté à diffuser chaque journée du programme sur le site de la fondation. Zoom sur le programme, la thématique et le déroulement du festival.

La Fondation Jan Michalski pour l’écriture et la littérature, au service du livre

Créée en 2004 à Montricher en Suisse, la Fondation Jan Michalski a pour but de favoriser la création littéraire et d’encourager le public à la lecture par le biais de plusieurs activités culturelles, parmi lesquelles nous trouvons l’organisation d’expositions, de conférences et des débats, une bibliothèque mise à disposition du public, un prix de littérature mondiale ou encore l’organisation d’événements culturels liés à la littérature, comme le Festival Bibliotopia qui propose annuellement des rencontres avec des écrivain·e·s de divers pays.

Bibliotopia 2020 : trois jours pour la littérature mondiale

Pendant que le monde du livre fait face à une crise durant laquelle nous avons vu plusieurs manifestations culturelles annulées, le Festival Bibliotopia a su se maintenir pour être au service des passionné·es de la littérature et assurer une continuité de la chaîne du livre.

Festival Bibliotopia, un programme complet

Des rencontres littéraires en français et en anglais avec des écrivain·e·s d’univers différents, des lectures à voix haute faites par des étudiant·e·s et des comédien·ne·s, ainsi que la projection d’un film, tout cela diffusé en ligne sur le site de la Fondation Jan Michalski : c’est ce qui a été proposé lors de la 3ème édition du Festival Bibliotopia pour pouvoir maintenir l’activité culturelle liée au livre. Certes, la forme du festival a changé étant donné que le public ne pouvait pas être accueilli physiquement et n’a pas pu échanger avec les écrivains comme à l’accoutumée, mais l’esprit de l’événement reste le même.

Petit aperçu du programme

Le festival commence le vendredi 20 novembre avec une rencontre croisée qui avait pour titre Identités individuelles et familiales : regards intimes, en présence des deux écrivaines franco-suisses Elisa Shua Dusapin et Pascale Kramer.

Le deuxième jour, il y a eu deux rencontres littéraires : Jennifer Croft, écrivaine et traductrice américaine résidente de la fondation, a été invitée à une discussion en anglais autour d’un sujet qui s’intitule Language, Illness and Sisterly Bond; a Memoir of Adolescence. La deuxième rencontre, D’une génération à l’autre, rébellion et quête de liberté, a été retransmise en direct d’une librairie à Paris avec l’écrivaine franco-algérienne Kaouther Adimi.

Dimanche 22 novembre, le dernier jour du festival a été riche en événements : la journée a commencé d’abord avec des lectures à voix haute par des étudiant·e·s comédien·ne·s de « La Manufacture – Haute École des Arts de la Scène de Lausanne ». Ensuite, le film My Nazi Legacy, réalisé par David Evans en 2015 a été projeté et est resté en ligne sur le site de la fondation jusqu’au 23 novembre. Pour clôturer l’événement, une dernière rencontre, Les crimes de nos pères : du difficile héritage au travail de mémoire, a réuni les deux écrivains Anna Bikkont et Philippe Sands.

Parler de la famille dans tous ses états

La famille, thématique de cette 3ème édition du Festival Bibliotopia, est très présente dans la littérature et s’inscrit en filigrane dans les interventions des auteurs. En effet, tous les intervenants ont parlé de leurs œuvres dont l’objet gravite autour des relations familiales.

En tant que participant spectateur, la coïncidence de cette thématique et du contexte actuel nous a amené à nous questionner sur le réaménagement des rapports familiaux à l’heure de la distanciation sociale. Il apparaît intéressant d’entrevoir des perspectives nouvelles qui ne se seraient pas posées de cette manière-là si le contexte n’avait pas été si particulier.

Pourquoi maintenir une telle manifestation littéraire ?

Le spectre de l’annulation s’enchaîne et accable le secteur culturel d’une manière générale et la chaîne du livre en particulier. Pour les festivals et les salons du livre qui existent depuis des années, cela ne pourrait peut-être pas poser un grand problème, en revanche, pour des événements qui ont récemment débuté leur activité dans le secteur du livre, ils pourraient malheureusement tomber dans l’oubli.

Pour les nouveaux lecteurs et passionnés du livre, un festival annulé ou reporté peut vouloir dire qu’il n’existe plus. C’est pourquoi nous pensons que l’initiative de la Fondation Jan Michalski mérite d’être soutenue. La fondation a su maintenir le déroulement du festival Bibliotopia malgré les difficultés organisationnelles liées au contexte sanitaire.

Le regard d’Aurélie Baudrier, organisatrice

Suite à un entretien téléphonique, Aurélie Baudrier, chargée de communication chez la Fondation Jan Michalski, nous livre son avis sur l’organisation du Festival Bibliotopia et l’édition virtuelle de l’année 2020.

Bibliotopia, week-end des littératures autour du monde

En tant que professionnelle du livre et organisatrice de l’événement littéraire, Aurélie Baudrier nous explique que l’idée derrière le festival Bibliotopia était de créer un temps festif et convivial qui fait accroître l’esprit des activités qui se déroulent toute l’année à la Fondation Jan Michalski, dans le but de rassembler des écrivains du monde entier et des lecteurs dans un événement littéraire annuel.

« Bibliotopia est un festival qui veut densifier l’esprit de ce qui se passe tout au long de l’année à la Fondation Jan Michalski. Nous organisons tout un programme avec des performances, des concerts littéraires, des lectures, etc. qui font résonner la littérature le plus largement possible au niveau international. »

Maintenir l’esprit Bibliotopia et un certain nombre de formats

En temps de crise sanitaire mondiale, les organisateurs du festival se sont trouvés obligés de changer le format habituel de l’événement littéraire au lieu de l’annuler, tout en essayant de garder le même esprit qu’avant.

« Nous avons dû écarter tous ces ingrédients, mais nous avons essayé d’en garder un certain esprit parce qu’il est important de tenir nos engagements vis-à-vis du public, des écrivains et un certain nombre de protagonistes de Bibliotopia.»

Maintenir le festival est donc aussi maintenir les engagements des acteurs au sein de la Fondation Jan Michalski.

« Garder l’esprit du festival dans un format redimensionné c’est garder l’engagement, transmettre la littérature et faire rencontrer des écrivains et des lecteurs qui sont nos deux missions de la fondation. »

Une préparation adaptée à la crise sanitaire

D’habitude le Festival Bibliotopia se déroule chaque année au mois de mai, cependant, il a été reporté cette année au mois de novembre au vu de la situation sanitaire actuelle. Ne pouvant pas pas maintenir le festival dans son format ordinaire, les organisateurs avaient prévu une programmation adaptée aux contexte sanitaire actuel.

Aurélie Baudrier nous explique comment s’est déroulée la préparation du festival :

« Nous avons préparé le festival sous le format qu’il avait, nous avions 14 écrivains du monde entier dans le programme, mais quand nous avons su que ce ne sera pas possible de le faire, nous avons redimensionné les choses avec un fil conducteur qui est de maintenir l’ancrage avec la fondation en tant que lieu en essayant de faire venir un maximum d’écrivains. »

Tous les enregistrements des rencontres littéraires et des lectures sont accessibles sur le site web de la fondation : www.fondation-janmichalski.com

 

Hamza Laknizi – Master 2 Métiers du Livre 2020-2021