Les Éditions du Bord de l’eau, situées à Lormont en Gironde et dirigées par Jean-Luc Veyssy, entendent faire de la troisième culture, celle des sciences humaines, le levain d’un nouveau vivre ensemble. Au sein de cette structure de taille moyenne, l’ère du numérique a joué un rôle de facilitateur dans les différents aspects du métier. Les outils internet lui ont permis de gagner du temps, d’améliorer la qualité du travail éditorial ainsi que celle de la couverture médiatique.

Des lettres aux sciences humaines

Docteur en philosophie de l’université Panthéon-Sorbonne, Jean-Luc Veyssy a été la cheville ouvrière de la création de la revue de littérature Le Bord de l’eau en 1993. En 1995, la revue se transforme en maison d’édition de textes littéraires. À partir du début des années 2000, Jean-Luc Veyssy en prend la direction. Désormais, la maison s’oriente résolument vers les sciences humaines ou troisième culture (ni sciences exactes, ni belles lettres, première et deuxième cultures selon Auguste Comte). Au fil du temps son catalogue s’étoffe. Des collections touchant différents champs du savoir voient le jour : en économie politique, en philosophie, en histoire des idées et en culture des religions, notamment autour du judaïsme. Les livres édités par la maison sont autant de moyens pour contribuer à une prise de conscience citoyenne, sur les questions sociales, économiques et écologiques.

Internet a joué un rôle de facilitateur dans nos métiers

Dans ces travaux où beaucoup de tâches sont chronophages, ce nouvel outil  a permis de faire de nombreuses économies. De manière générale, Internet a grandement facilité les relations avec la presse et les différents médias. Il a par exemple pu permettre d’éviter, à rebours des autres maisons, de créer un poste d’attaché de presse à Paris, qui aurait eu un impact négatif sur la trésorerie. Désormais, la communication avec les journalistes et autres faiseurs d’opinion se fait par e-mail. C’est donc un nouveau modèle d’instantanéité qui a vu le jour. De plus, l’outil numérique, nous dit le directeur, a également facilité nos relations avec les imprimeurs : les différents fichiers tel le format PDF, participent de ce vaste processus de simplification.

Une visibilité optimale, désormais possible

Très tôt, Le Bord de l’Eau a su anticiper le basculement dans l’ère numérique. Depuis les années 1990, les éditions se sont doté d’un site internet. Cette nouvelle vitrine a permis la vente d’ouvrages en ligne. Toutefois, aujourd’hui les réseaux sociaux sont les véritables vecteurs de l’information. Aussi, c’est directement sur la page Facebook, que sont mis en ligne les critiques et les échos médiatiques qu’ont suscités nos publications, nous confie Jean-Luc Veyssy. Les réseaux des auteurs, Facebook, et les relais médiatiques, sont autant de phénomènes cumulatifs qui permettent d’asseoir l’identité et la réputation des éditions.

Une maison reconnue et confortée à l’heure d’Internet

Les Éditions ont pour tâche de séparer le bon grain de l’ivraie, c’est-à-dire qu’elles placent au pinacle de leur production, la réflexion sur le sens commun. Épigones de l’humanisme d’Hannah Arendt, elles privilégient l’approfondissement de la pensée sur les questions du vivre ensemble, du mieux-être social (publications sur le revenu universel), de l’environnement, en un mot sur le destin des hommes. Parmi les plus belles réussites éditoriales, on peut citer La Dispute des économistes, dans la collection Troisième culture. Cet ouvrage s’est vendu à 10 000 exemplaires et il est conseillé aux étudiants de Sciences Po Paris. L’ère des ténèbres, vient légèrement après (8000 exemplaires). La production éditoriale frôle les 60 000 ouvrages vendus chaque année. Avec des auteurs présents sur tous les médias, comme Arte (émission 28 minutes), la presse hebdomadaire et quotidienne (Le Monde), la radio (France Inter, France Culture), la maison a su imposer une solide réputation au sein d’un paysage éditorial particulièrement féroce. Nous souhaitons selon la formule consacrée, bons vents et bonne mer, aux Bords de l’Eau et à sa sympathique équipe.

 

Pierre-Emmanuel Bilbao – Master 2 Métiers du livre 2016-2017