Qu’est-ce que l’autoédition ? Un mode d’édition qui commence à être de plus en plus utilisé par les auteurs. Beaucoup de préjugés courent sur l’autoédition. Qu’est-ce que c’est vraiment ? Cet article vous propose de découvrir l’autoédition, les motivations qui peuvent pousser les auteurs à choisir ce mode d’édition et les peurs que cela fait apparaître. Avec comme fin un témoignage de l’autrice Alex Saeba qui s’est autoéditée. 

L’autoédition, une manière d’éditer en pleine expansion

L’autoédition c’est quoi ?

Nous entendons beaucoup de choses sur l’autoédition, notamment un certain nombre de préjugés. J’espère donc que cet article pourra vous en apprendre un peu plus sur ce sujet.

Tout d’abord, il existe une distinction entre autoédition et édition à compte d’auteur :

  • Pour l’édition à compte d’auteur, l’auteur prend en charge la quasi-totalité des frais, la maison d’édition doit aider à réaliser le livre et assurer la diffusion-distribution. Mais il n’y a aucune garantie de retour sur investissement pour l’auteur, pas de contrat qui lui assure de l’argent.
  • Pour ce qui est de l’autoédition, c’est l’auteur qui prend tout en charge : des frais de fabrication jusqu’à la diffusion-distribution. L’auteur peut payer en plus des intermédiaires ou demander de l’aide à son réseau pour réaliser son livre.

Il est fréquent d’entendre qu’un livre autoédité est forcément moins bon qu’un livre édité par une maison d’édition. Ce qui est faux. Oui, il y a de mauvais livres autoédités tout comme il y en a dans les maisons d’édition. Être publié par une maison d’édition n’est pas un gage de qualité. Certains livres autoédités sont excellents mais les maisons d’édition peuvent les refuser pour diverses raisons :

  • L’auteur est inconnu du public et avec la quantité de livres qui sort chaque année les éditeurs ont peur que le livre se perde dans la masse et qu’ils n’aient pas de retour sur investissement.
  • L’œuvre proposée ne rentre pas dans des cadres ou des lignes éditoriales, ce qui fait que les éditeurs ne se sentent pas les mieux placés pour réussir à le vendre.
  • Etc.

En soi, comme dans une maison d’édition, nous pouvons trouver des bons livres auto-édités comme des mauvais. Et pour trouver les bons, il faut donner leur chance aux livres autoédités.

Les chiffres de l’autoédition

Il est assez compliqué de donner des chiffres précis sur l’autoédition. L’une des principales raisons étant que dans la plupart des études, l’autoédition et l’édition à compte d’auteur sont mélangées. L’autre raison est que tous les auteurs ne déposent pas leur livre à la BnF.

Selon le rapport de la BnF de 2020 : plus de 20 % des livres déposés, pour le dépôt légal à la BnF, étaient ceux d’auteurs autoédités ou édités à compte d’auteur.

Selon le graphique suivant, nous pouvons bien voir l’évolution du nombre de livres autoédités. Ce mode d’édition attire de plus en plus les auteurs. L’arrivée de l’édition numérique a beaucoup aidé pour l’autoédition. Le numérique étant l’un des supports préférés des auteurs autoédités.

schéma montrant l'évolution du nombre de livres autoédités

Tiré de : Graphique article Elizabeth Sutton

L’autoédition plaît et fait peur

L’autoédition attire beaucoup d’auteurs. Se faire autoéditer laisse beaucoup de libertés aux auteurs. Ce sont eux qui décident de tout, du début à la fin. Contrairement aux maisons d’édition où l’auteur a un droit de regard mais pas un droit décisionnaire sur le livre. C’est l’éditeur qui valide les choix et non l’auteur. L’autoédition permet de se faire publier malgré le refus des maisons d’édition traditionnelles. Cela offre la possibilité aux auteurs de partager leur texte avec un lectorat et parfois de rentrer dans une maison d’édition traditionnelle.

Mais l’autoédition peut faire peur aux lecteurs ainsi qu’aux auteurs et aux éditeurs.

Les lecteurs ont peur, à cause des préjugés sur l’autoédition, d’acheter de mauvais livres. C’est là que le numérique apporte beaucoup aux auteurs autoédités : le numérique permet de vendre des livres pas très cher et donc de pouvoir attirer du monde.

Certains auteurs, à cause des préjugés, ont peur de se lancer dans l’autoédition. On leur a dit qu’être autoédité était moins bien qu’être édité par une maison d’édition. Les auteurs peuvent avoir peur de louper leur mise en page ou leur couverture, et donc peur que leur livre ne se vende pas. Mais surtout, l’autoédition c’est se lancer dans l’inconnu, en déboursant de l’argent, sans être sûr de trouver un lectorat et d’avoir un retour sur son investissement.

Les éditeurs ne voient pas tous d’un bon œil l’autoédition. Pour certains, l’autoédition surcharge le marché du livre et nuit à leurs ventes. Heureusement, tous les éditeurs ne pensent pas de cette manière. Certains voient l’autoédition comme un bon entrainement pour les auteurs : cela permet aux auteurs d’avoir des retours et d’améliorer leur texte. Certains éditeurs font des veilles pour repérer les livres autoédités qui fonctionnent bien pour ensuite essayer de recruter l’auteur dans leur maison.

De nombreuses plateformes permettent aux auteurs autoédités de vendre leur livre comme Amazon, Librinova ou des librairies en ligne comme Chapitre 1 (pour le moment le site est en maintenance) et Jeunes Pousses. Certaines librairies s’ouvrent aussi aux livres autoédités comme la librairie Grangier à Dijon qui en accepte quelques-uns.

L’autoédition et ses difficultés : témoignage d’une autrice

Durant le Master Métiers du livre de Dijon, on nous apprend l’importance du réseau. J’ai pu rencontrer ainsi une autrice autoéditée qui a accepté de partager son parcours. L’autrice Alex Saeba a autoédité deux œuvres pour le moment : Tombées du ciel et Sous le masque de l’Arlequin. Elles font partie de la saga Elora, une saga en sept tomes. L’histoire est excellente, prenante et il n’y a rien à redire sur le style d’Alex Saeba, ce sont de très bons livres autoédités. Vous pouvez retrouver ses livres en format papier et/ou numérique sur Librinova, Amazon, Chapitre 1 et maintenant à la librairie Grangier à Dijon.

couverture livres autoédités alex saeba

Le parcours d’une autrice

Au départ, c’était un cauchemar qu’a eu, une nuit, Alex Saeba. Ce cauchemar, Alex Saeba l’a transformé en histoire, histoire qui a grandi de plus en plus. Elle voulait l’écrire, l’avoir en version papier dans ses mains.

Alex Saeba a essayé de se faire éditer par une maison d’édition mais elle n’a pas eu de réponse positive. Jérôme Martin, éditeur aux Editions du Murmure, l’avait prévenue sur le fait que les éditeurs avaient du mal à accepter de suivre une autrice inconnue sur une saga de sept tomes. La situation sanitaire a aussi pu jouer dans les refus à cause du retard qu’ont pris les éditeurs lors des confinements et des fermetures.

Mais, Alex Saeba a très vite compris qu’elle ne voulait pas dépendre d’une maison d’édition. Elle ne cherche ni la célébrité, ni l’argent et veut éviter le gâchis de papier des livres mis au pilon. Elle voulait partager ses histoires tout en contrôlant le nombre d’exemplaires imprimés pour limiter le gâchis de papier. L’autoédition lui a permis de partager ses écrits. Avec l’aide d’Aurore Rousseau, une coach littéraire qui accompagne les auteurs autoédités, elles se sont lancées dans l’aventure.

Elle a publié ses livres sur Amazon, puis sur Librinova et Chapitre 1. Alex Saeba se fait petit à petit une place. On peut maintenant retrouver ses livres à la librairie Grangier.

Ce n’est pas un parcours qu’elle a fait seule et elle a rencontré des difficultés. Elle en rencontre encore.

L’importance du réseau

Dans les métiers du livre, le réseau prend une place très importante, comme a pu le constater Alex Saeba. Elle a eu le soutien d’amis qui l’ont épaulée en lisant les ébauches des livres. Aurore Rousseau et Gael Tomaz qui l’ont guidée dans les méandres de l’autoédition. Anouk Van Renterghem, une amie qui a réalisé les illustrations sur les couvertures, et Cael Némoz, une autre amie qui a réalisé les couvertures. Elle a demandé de l’aide pour la correction à Marie-Charlotte Rivière et Jean-Philippe Thomas. Gael Tomaz, en tant qu’ancien gendarme, a aidé l’autrice pour la crédibilité du côté policier de ses œuvres.  Parfois, on oublie qu’un livre ce n’est pas seulement un texte, c’est aussi tout ce qu’il y a autour et cela demande beaucoup de travail. Le réseau a joué un rôle important dans la réalisation de ses livres.

Les principales difficultés rencontrées

Alex Saeba a rencontré beaucoup de difficultés. Déjà faire rentrer ses romans dans un genre a été très compliqué car ses romans mêlent du polar, du fantastique, de la romance et de la littérature générale. Ce qui fait qu’il est compliqué de cibler un lectorat.

Trouver un lectorat c’est aussi très difficile, c’est pourquoi la publicité sur les réseaux et les avis compte beaucoup.

Il y a le souci financier, trouver les fonds pour pouvoir payer la fabrication et l’impression des livres.

Durant la fabrication, la mise en page et le logiciel InDesign (logiciel très utilisé pour la mise en page de livre) ont causé quelques soucis.

Situation actuelle d’Alex Saeba

L’autoédition est quelque chose qui demande beaucoup d’investissement et de travail. Alex Saeba a pour le moment réussi à faire autoéditer deux tomes sur sept. Elle est bloquée à cause du côté financier. Il lui manque encore des fonds pour pouvoir autoéditer la suite.

Alex Saeba se place comme une autrice qui s’est autoéditée pour la passion. Elle voulait partager son histoire. L’argent n’est pas ce qui l’intéresse, c’est d’ailleurs pour cette raison qu’elle a choisi un prix abordable à tous pour ses deux romans.

Elle essaye de s’émanciper d’Amazon avec Librinova et Chapitre 1.

Alex Saeba espère pouvoir publier la suite.

Détails des livres

Tombées du ciel :

  • Préquel de la saga
  • 346 pages
  • 13 € en version papier
  • 2 € 99 en version numérique
  • Résumé : Mai 1994. Un jet privé s’écrase dans un forêt bourguignonne. Tous les occupants de l’avion sont tués sur le coup. Deux jours plus tard, une petite fille de trois ans est retrouvée, inanimée, à quelques kilomètres des lieux du crash dans des circonstances troublantes. Pour Olivier Arnaud, lieutenant à la SR de Paris, les deux affaires  sont liées. Touché par le sort de la petite Elora, il fera tout pour retrouver sa famille. Il est cependant loin d’imaginer que cette enquête va bouleverser sa vie et celle de Sœur Marie-Thérèse, la religieuse qui a recueilli l’enfant.

Sous le masque de l’Arlequin :

  • 566 pages
  • 17 € en version papier
  • 4 € 99 en version numérique
  • Résumé : L’Arlequin est un fantôme, un tueur à gages capable d’échapper à tous les radars. Il est pour le directeur du FBI le mieux placé pour protéger une petite fille innocente de l’organisation criminelle qui la recherche.
    Mais comment convaincre ce renégat de travailler pour le gouvernement ? L’argent sera-t-il un argument suffisant ? Le mercenaire sera-t-il touché par le destin de cette orpheline ? Sera-t-il sensible à la grâce présidentielle qu’il lui offre en échange ? Patrick Isaac l’espère de tout cœur, car sans l’aide de cet homme la vie de la jeune Elora ne tiendra qu’à un fil… celui qui la conduira indemne au procès contre le meurtrier de ses parents…

Par Maureen Hubert, étudiante en M2 Métiers du livre 2021-2022

Sources

Jeunes Pousses

Wikipédia autoédition

Article Elizabeth Sutton

Rapport d’activité BnF 2020

Instagram Alex Saeba

Chapitre 1

Librinova Tombées du ciel

Amazon Tombées du ciel

Amazon Sous le masque de l’Arlequin

Librairie Grangier Tombées du ciel

Librairie Grangier Sous le masque de l’Arlequin