Les libraires et Internet : Concorde ou Discorde ?

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  • Master 2 professionnel Métiers du livre - Université de Bourgogne - Dijon

Les libraires et Internet : Concorde ou Discorde ?

Aujourd’hui les librairies, comme l’ensemble du circuit du livre, sont concernées par la révolution numérique de ces dix dernières années. Le développement important d’internet à eu pour effet d’acheminer de nouveaux acteurs imposants sur le devant de la scène du livre qui effraient. Entre plateformes d’e-commerce et géant du net,  nombre d’incertitudes ont germé dans le cœur des libraires quant à leurs avenirs. En compagnie de Thomas Seurat, Libraire à la libraire Grangier de Dijon nous avons discutés de ces nouveaux enjeux : Internet et les libraires sont ils voués à un éternel duel ?

Accro, il faut lettre

Un philosophe dans les rayonsAfficher l'image d'origine

Thomas Seurat est issu d’une formation universitaire en philosophie. Fort de ce cursus, ayant développé et entretenu son goût certain pour la culture et le partage, il débute son aventure professionnelle en 2003 dans une librairie au cœur de Lyon. Apprenant les ficelles du métiers sur le terrain, il y trouvera finalement sa vocation, puisque aujourd’hui encore il exerce son métier de libraire après avoir occupé des postes variés dans le domaine.

Un marchand de savoir

En 2005, il intègre la librairie Grangier à Dijon. Dans les faits M. Seurat s’occupe du rayon « Sciences Humaines ». Composé à titre d’exemple de divers documents d’actualités, d’Histoire mais aussi de Philosophie.
Il lui revient non seulement  la responsabilité d’assumer la sélection, à travers le choix des commandes. Mais aussi la promotion de 10 à 15 000 livres. Cette promotion passe par plusieurs étapes. Si elle commence par le rangement des ouvrages, elle se complète par la mise en avant de ces derniers  à travers une présentation adaptée. In fine la promotion se conclue par la qualité des conseils apportés par le libraire.

Le libraire face à internet

Direction la facilitéAfficher l'image d'origine

Si Thomas Seurat semble avoir pratiqué les librairies pendant l’essor d’internet. Il à été de surcroît le témoin privilégié d’une modification de fond de la profession de libraire. Comme dans bien d’autres domaines, l’usage du Web permet au libraire d’avoir un accès à des bases de données, facilitant grandement son travail. L’utilisation des plateformes telles que DILICOM (Fichier Exhaustif du livre) dépend directement de l’usage d’internet. Et influe directement sur la qualité des informations dont dispose le libraire. Mais permet également de dialoguer plus efficacement avec le distributeur M. Seurat note également la simplification des échange entre les différents interlocuteurs de la chaînes du livre et le client.

Une évolution des pratiques de ventes

Le développement de l’internet à selon M. Seurat modifié l’exercice même de sa profession. Il faut intégrer de nouveaux éléments comme le numérique qui vient s’ajouter à l’offre déjà existante de livre papier.  Il faut penser à développer son identité numérique à travers la création d’un site internet. De manière plus large il faut s’inscrire sur un nouveau marché, et enrichir les services correspondants à une nouvelle demande. La création d’une page Facebook est un exemple typique de ce qu’internet demande aujourd’hui. On cultive une présence physique mais également une présence numérique. C’est ce qui permet aussi de se rapprocher de la clientèle, grâce à la simplicité que nous avons de communiquer. Et donc de proposer des services nouveaux, tel que la commande en ligne.

Fragilisation du libraire

Le développement d’internet signe l’arrivée d’une forte concurrence. Avec notamment la diffusion massive de livre numérique.  La vente en ligne qui s’en suit prend une part de marché importante qui déstabilise l’ensemble des librairies.

« Internet c’est la fragilisation de la position du libraire qui était jusque là le seul interlocuteur pour le commerce des livres et le seul intermédiaire pour les procurer aux lecteurs. » 

Le numérique en France est encore limité contrairement au Etats-Unis ou le numérique avoisine les 30 % des parts du marché du livre. Selon M. Seurat il s’agit de négocier correctement le virage et permettre ainsi au libraire d’affirmer un professionnalisme afin de mettre en avant ce qu’internet ne pourra jamais offrir.

Capitaliser sur la prescription du libraire

Un marché à explorer

Si pour la librairie Grangier les ventes du numérique ne représente qu’un impact marginal sur les vente. Il n’en demeure pas moins la nécessité de se positionner sur les nouveaux usages. Il faut pouvoir s’inscrire comme un acteur contemporain dans le monde du livre. Cela passe non seulement par l’utilisation des réseaux de communication tel que Facebook ( comme ici ) mais aussi par la création de sa propre plateforme de vente en ligne. La librairie Grangier à ainsi créée son propre site lui permettant d’afficher sa vitrine sur internet et d’élargir sa clientèle. Enfin selon M. Seurat le plus important c’est de ne surtout pas négliger l’offre e-book. Qui permet de développer une offre et de répondre aux besoins de la clientèle.

« Plutôt que de dire à un client qui souhaite un livre numérique, que nous n’en vendons pas. Ou que cela ne nous plaît pas. Nous devons le conseiller, et montrer que nous disposons également d’un catalogue d’e-book. Avec en plus le conseil que nous pouvons lui apporter et que Amazon ne lui donnera pas.  Il faut préserver l’aspect social et culturel. »

Plus qu’une résistance

L’utilisation active des nouveaux moyens et marchés mis en place par le développement d’internet permet d’accroître les impacts de la Afficher l'image d'originecommunication. Les réseaux sociaux, les sites internet peuvent permettre la mobilisation d’une communauté de lecteur autour d’un ouvrage, d’un événement. On peut penser par exemple aux rencontres organisées à la Librairie Grangier avec G.R.R. Martin, ou Anne Rice. C’est une utilisation positive d’internet. Et une manière de moderniser l’activité des libraires. Et de faire de leurs savoirs une force sur pour contrer les géants du net.

Les sites de ventes continuent selon Mr. Seurat à progresser. Les grandes surfaces quant à elles, après une forte période de croissance se sont stabilisées.

 

« Quant aux librairies, celles qui ont su diversifier leur activité, fidéliser une clientèle, et maintenir une offre de qualité, elles font mieux que résister. »

Vincent Galesne – Master 2 Métiers du livre 2016-2017

2017-11-24T14:44:29+00:00