Après la mort d’Emmett, un homme noir de la cité de Milwaukee aux États-Unis, le quartier de Franklin Heights se mobilise contre les violences policières. Chaque personne en lien avec lui se souvient alors de qui fut Emmett et nous livre un portrait très humain et réaliste de cet illustre inconnu. Louis-Philippe Dalembert s’est inspiré du meurtre de George Floyd en 2020 pour raconter son histoire. Milwaukee Blues a été finaliste du prix Goncourt 2021.

Un roman choral

Louis-Philippe Dalembert construit son roman en faisant se succéder le point de vue de plusieurs personnages : amis, parent, entraîneur, professeur, ex, et même policier, chacun apporte son témoignage avec ses tics de langage, ses opinions politiques et les marques de son milieu social. Le style du livre varie donc grandement en fonction des chapitres et de qui s’exprime. On a rarement vu autant de personnages traités avec une égale attention et autant de profondeur. Un véritable tour de force !

Une réflexion sur le racisme aux États-Unis

Abordant la ghettoïsation des quartiers noirs, les relations mixtes entre personnes racisées et non-racisées, la pauvreté et les violences policières, Louis-Philippe Dalembert nous guide au cœur des problématiques étatsuniennes. Il confronte différentes opinions sans être moralisateur, souvent avec humour.

Un message de tolérance

L’auteur, en nous plaçant dans l’intimité des personnages, nous fait comprendre leur psychologie. Dans un monde où les médias et les réseaux sociaux font la part belle aux extrêmes, Louis-Philippe Dalembert nous enseigne la nuance grâce à la multiplicité de ses points de vue. Le message du roman reste pourtant clair : la tolérance « finira par triompher ». Comment ne pas être touché par le Ma Robinson Show ? Lisez et vous comprendrez !

Sarah Gaspard